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PHÉNOMÉNOLOGIE DU CRÉDO DE NICÉE-CONSTANTINOPLE Introduction | Le Crédo de Nicée Constantinople est un grand texte que des centaines de millions de personnes devraient réciter chaque jour dans les cathédrales, églises, chapelles ou simplement chez elles.
Comme pour tous les grands textes religieux il y a plusieurs niveaux d'interprétation : historique, religieux, philosophique, juridique et autre ; tous également intéressants.
En ce qui concerne notre méthode, ce sera la même que celle que nous avons employé pour le "notre père" à la fin de "Marie et Théophile", à savoir :
- se référer aux concordances bibliques,
- deuxièmement découvrir la structure interne du texte, découvrir les divers sens d'un mot, d'une expression afin de formuler les hypothèses de lecture les plus convaincantes pour un esprit rationnel du vingtième siècle qui ne se satisfont pas du littéralisme des églises,
- troisièmement la prise en compte des découvertes scientifiques,
- quatrièmement la comparaison éventuelle avec d'autres.
Notre travail s'inscrit dans un esprit de foi, nous pensons que le Crédo contient toute la destinée cosmique de l'humanité et qu'il corrobore certaines hypothèses que nous avons formulé dans "Marie et Théophile" ainsi que dans " éléments " pour une nouvelle réflexion philosophique et politique".
Notre explication du Crédo s'articulera en trois parties, qui naturellement sont inscrites dans la structure même du Crédo.
La première, la plus courte mais non la moins intéressante va de : je crois..." jusqu'à "et invisible" La seconde partie va de "je crois en un seul seigneur" à "son règne n'aura pas de fin". La troisième et dernière comprend toute la fin du Crédo.
Nous plaçons cette tentative d'interprétation sous le patronage d'Hegel qui nous empruntons certaines formules philosophiques, quitte peut-être à leur donner un sens légèrement différent ; Et de Josèphe de Maistre qui attendait une "troisième révélation" qui parachèverait l'ancien et nouveau testament. |
| |  Le CRÉDO | Je crois en un seul Dieu, le père tout-puissant créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible.
Je crois en un seul seigneur, Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du père avant tout les siècles ;
Il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu n du vrai Dieu, Engendré non pas créé, de même nature que le père, par lui tout a été fait
Pour nous les hommes et pour notre salut il descendit du ciel ; par l'Esprit Saint il prit chaire de la vierge Marie et s'est fait homme
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour conformément aux écritures et monta au ciel, il est assis à la droite du père, il reviendra dans la gloire juger les vivants et les morts et son règne n'aura pas de fin.
Je crois en l'Esprit Saint qui est seigneur et qui donne la vie.
Avec le Père et le Fils il reçoit même adoration et même gloire.
Il a parlé par les prophètes.
Je crois en l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.
J'attends la résurrection des morts et la vie à venir. |
| |  1 - L'Esprit en soi | "Je crois en un seul Dieu, le Père créateur..." Cette phrase exprime le commencement avent l'acte même de la création.
Elle exprime Dieu dans son en soi, (sa nudité absolue) mais riche de sa potentialité, de sa pensée ; du discours qu'il se tient à lui-même.
Dans l'éternité précédant toutes créations, Dieu bien que se suffisant à lui-même d'un point de vu intellectuel ; Maître Eckart n'identifiait-il pas Dieu avec l'intellect et l'essence pure ? , est pauvre parce que paradoxalement il n'a aucune sensibilité physique, tout ce qu'il "ressent", joie, amour, haine, (si tant est que Dieu puisse haïr), crainte, espérance; Dieu ne "ressent" ces sentiments que par apport à ce qu'il projette de faire subir dans l'avenir, c'est-à-dire que ce qu'il ressent dans son essentialité est non seulement un simulacre de sentiments, qui ne sont à proprement parler qui des idées au sens hégélien du terme, telles qu'elles sont définies au paragraphe 213 de la "science de la logique": "l'idée est vraie en soi et pour soi, l'unité absolue du concept et de l'objectivité, mais aussi des simulacres qui ne se rapportent à rien"; . Toute la difficulté étant de penser ces deux définitions non pas en terme de contradiction mais de complémentarité. Dieu posé en soi ne se connaît pas suffisamment pour jouir de lui-même.
Pour remédier à cette "insuffisance" ontologique Dieu crée la première condition de sensibilité; Dieu crée "l'univers visible et invisible" dont fait partie notre terre et notre ciel; c'est-à-dire que curieusement Dieu commence par créer les extrêmes (le ciel, la terre) comme s'il voulait connaître, ou éprouver les moyens mathématiques, (selon Pythagore au commencement Dieu géométrisa), de son action dans le monde, qui va de l'espace incorporel, aux substances subtiles et spirituelles telles que les anges, chérubins et archanges.
Il existe cependant une autre hypothèse à la création des extrêmes avant le moyen terme qu'est l'humanité.
Celle-ci est la conception des conditions dans lesquelles doivent se dérouler une part, peut-être la plus importante, des expériences que Dieu veut s'infliger à lui-même.
Il crée en premier lieu la condition la plus proche de son "être-là", de son "absoluité" que sont l'espace, (incalculable pour nous) et le temps, qui n'est jamais le même, tant subjectivement qu'objectivement ainsi que l'a démontré Einstein par la loi de la relativité.
Dans cet espace Dieu procède à une première complexification de sa nature jusque là simple, et devient trinité comme l'est l'électricité à la foi positive, négative et neutre - à partir de cet acte ontologique naît le temps, un temps certes infini, mais un temps tout de même puis qu'il y eut un "avant" et un "après" la complexification - après ce travail sur lui-même Dieu procède à son démembrement originel énergie spirituelle.
C'est sur la partie de l'énergie spirituelle séparée de Dieu qui la travaille par une sorte de télékinése infiniment puissante à complexifier son être séparé de lui-même jusqu'à ce cette énergie perde la plus grande partie de sa spiritualité et s'obscurcisse- en quelque sorte- pour devenir la matière que nous connaissons.
En un sens, et en un sens seulement, les expressions de "création ex nihilo" et de "matière coéternelle" chère aux scolastiques et aux aristotéliciens sont recevables.
Dans ce premier moment de la création tout est encore en puissance - c'est-à-dire non réalisé- puis qu'il n'y a pas encore un minimum de lois édictées- et que ces lois ne régissent que le monde physique des planètes mortes - si l'on peut s'exprimer ainsi - parce que nous sommes en train de redécouvrir avec nos radiotélescopes ce que les pythagoriciens nommaient "le chant des sphères - soleil, galaxies entières; il est donc toujours possible à la divinité de modifier les lois qu'elle a mise en place, qu'elle s'est en quelque sorte donnée à elle-même - comme par exemple que la terre soit plate immobile et que ce soit le soleil qui tourne autour d'elle - sans que cela n'ai d'autres conséquences que pour elle-même qui s'est métamorphosé en matière.
Ce moment est donc la conscience en soi ou tout est en puissance et donc révisable à tout moment par la simple pensée de Dieu.
L'intemporalité - toute relative puis qu'il y a une sorte de temps mais d'une durée infiniment longue - est froide et dure comme un bloc d'acier brut, il va donc falloir la mettre à l'épreuve de Dieu ayant perdu conscience de soi ; ce sera l'esprit pour soi. |
| |  2 - L'Esprit pour soi | Il ne peut naître de Dieu rival - à plus forte raison il ne peut y avoir de diable, principe du mal car ce serait une limitation ontologique de Dieu - ni même complémentaire de Dieu, ce qui veut dire que le Christ - rappelons ce que signifient les mots Jésus-Christ: Jésus peut être traduit de deux façons: premièrement sauveur, deuxièmement Dieu avec nous; Christ signifiant l'oint; Nous voyons donc que plus que sur une personne, le christianisme est fondé sur une trinité d'idées personnifiées par un homme concret, vivant dans un monde, à une époque concrète - l'état christique auquel chacun de nous est appelé, d'une façon ou d'une autre - fut une idée coéternelle à Dieu au même titre que l'idée du bien ou du juste, c'est nous semble-t-il ce que signifie: "il est Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière..."
De l'essence divine, nous l'avons vu, découle l'univers cosmique, le rationalisme intransigeant auquel nous sommes passionnément attachés, nous force à y ajouter les âmes humaines. Ce qui a pour corollaire de poser cette hypothèse - à laquelle nous avons fait allusion plus haut - que le Christ bien qu'historiquement défini n'en est pas moins - à l'état lattant certes - en chacun d'entre nous, d'où cette phrase : "Ce que vous faites au plus petit d'entre vous, c'est à moi que vous le faites".
Le moyen utilisé par le Christ pour s'incarner est la parthénogenèse, rien d'antinaturel si nous prononçons le terme "naturel" non pas au sens de la nature que nous voyons chaque jour à l'œuvre, et qui n'est sommes toute qu'une nature dégradée et équivoque, dans le sens où elle peut aider l'homme à vivre - arbres fruitiers, plantes nutritives comme la pomme de terre, la betterave, ou qu'elle donne de la viande gratuitement, lapin, chevreuil, poisson, etc. Mais nuisible par les serpents venimeux, les champignons non comestibles, les déserts torrides ou glacés, etc.
Si nous admettons que la nature s'est insensiblement modifiée dans le sens d'une dégradation à partir de ce qu'on nomme le "péché originel" - n'est pas celui que l'on pense alors qu'on l'évoquait ce qui lui est antérieure, nous y reviendrons dans la troisième partie - nous devons admettre à fortiori une modification intime de l'homme dont nous retrouvons la trace non seulement au premier chapitre de la "genèse"; " Dieu le créa homme et femme; Femme et homme il les créa" mais également dans le mythe platonicien des androgynes à la fin du "Banquet", bien que reconnaissons-le il y ait trois sortes d'androgynat: homme-homme, femme-femme, homme-femme, mais le concept est présent - et si nous admettons que cet état de choses ait été une réalité non seulement spirituelle mais aussi corporelle, nous comprenons que l'acte sexuel aurait été une affaire purement personnelle n'entraînant aucune violence psychique ni même physique à l'encontre d'autrui, en outre l'acte de procréation aurait été faite en autarcie. Si en outre nous prenons en considération le fait que la science moderne arrive à la production en laboratoire de plusieurs cellules à partir d'une cellule - comme ce fut le cas somme toute dans l'océan primordial quelques millénaires après le "big bang" - et si enfin nous prenons en compte l'enseignement se rattachant au tao ainsi qu'à celui de l'évangile non canonique de Thomas, selon lequel chaque homme de sexe masculin contient en lui-même quarante pour cent de féminité, et vise versa, qu'il refoule consciemment ou inconsciemment - ce qui pourrait expliquer, et l'homosexualité et éventuellement la combattre médicalement et/ou psychologiquement - rien ne nous empêche d'émettre l'hypothèse selon laquelle Marie avait le pouvoir psychique, ne serait-ce qu'une seule foi dans sa vie, de se retrouver, à son échelle, l'état adamique primordial et de s'auto-engendrer, en quelque sorte, par la seul force de son esprit, qui est ne l'oublions Dieu au même titre que toutes les âmes, mais infiniment plus consciente de la divinité que la plus part des incarnées.
Puisque la conception du Christ, comme celle de Krisna en Inde, ôtons au passage la concordance de la première syllabe, Chri Kri, qui pourrait indiquer la même fonction à l'intérieure de deux mentalités différentes, ce qui renforce notre thèse de la "naturalité" de ce phénomène, a été faite en autarcie en autarcie et par des moyens purement spirituels ; ils n'entraient pas en ligne de compte des passions =, somme toute grégaire, des passions telles que la jouissance.
Ce fut un acte de pur amour envers l'humanité qui se débattait - comme aujourd'hui - dans le matérialisme le plus grossier - n'oublions pas que d'après ce que disent les évangiles, pourquoi les mettrions-nous en doute sur ce point précis ? Marie était parfaitement consciente du don qu'elle allait faire au monde; mais de là à en faire une intermédiaire oubliée pour contacter Dieu, ce que fait Grignon de Montfort, reprenant ainsi les idées forces des différentes gnoses des cinq premiers siècles de l'ère chrétienne, rien ne nous y autorise, ni dans le Crédo, ni dans le "notre père", qui sont tout de même les formulations de références en matière dogmatique, ni ailleurs; sauf à tirer par les cheveux certaines citations prises en dehors de leur contexte, à peine peut-on penser hypothétiquement que ceux qui la prient trouvent une sorte de combiné téléphonique ou de messager, comme le Mercure romain. Il est à noter cependant ainsi que me l'a fait remarquer une amie, qu'aux noces de Cana, Marie s'est spontanément faite médiatrice pour obtenir du vin ; dans quelle mesure cet acte initiateur du premier miracle peut-il être valable dans le monde divin ? Un autre raisonnement peut être invoqué pour établir la dévotion mariale, selon lequel nous aimons que nos proches soient associés à notre gloire. Ces deux raisonnements sont certes solides mais n'établissent en aucun cas que les apôtres regardaient Marie d'une façon particulière.
Comme nous l'avons suggéré plus haut, le Christ est l'homme archétypal, ou pour employé une expression cabalistique le Christ est l'Adam Kadmon, il est du reste appelé "Nouvel Adam" ou "fils de l'homme" pour bien signifier que nous lui sommes ontologiquement ressemblants.
La question qui se pose à ce moment de l'étude du Crédo est : pourquoi l'état christique a décider de s'incarner ?
La réponse se trouve dans cette phrase : "crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau". Trois mots sont à relever : "crucifié", "souffrit" "passion". Trois mots pour deux idées-forces.
La souffrance est quelque chose de banal dans la quotidienneté, nous souffrons physiquement et spirituellement par notre faute ou celle d'autrui, la souffrance est devenue une banalité qui nous révolte plus qu'exceptionnellement. Or voici un être dont il nous est dit qu'il n'a jamais sut ce qu'était faire le mal en actes et en paroles, et qui souffre comme tout un chacun de la médisance, de l'incompréhension, et de l'état d'homme tout simplement ; faim, soif, chaleur, etc. Pire, non seulement il ignore volontairement l'acte qui consiste à faire le mal, mais encore il fait le bien en mettant en action les lois naturelles - et spirituelles - encore inconnues de la foules, et pour couronner le tout il apporte une nouvelle ontologie qui surclasse celle de la Tora; Quoi qu'elle fut en filigrane au début de la genèse lorsqu'il est écrit que l'homme devint une âme vivante" (ce qui marque bien la primauté de l'âme sur le corps, car ce n'est pas le corps qui donne la vie à l'âme, et d'Aristote pour qui l'âme n'est qu'une entéléchie corps, (la perfection) parce qu'il ne restreint pas l'âme à sa qualité spirituelle et/ou intellectuelle.
Ne nous y trompons pas ! C'est bien de nous qu'il s'agit lorsque le Christ dit : "Tout ce que je fais, vous le ferez". Nous devons prendre cette phrase au sens fort.
Et cet être exceptionnel finit par se faire crucifier pour un formidable contresens théologique, autant dire pour rien, - le Christ ne répond-t-il pas en JN 10 34 la citation du psaume 82 6 "j'ai dit : vous être des dieux ? " - confusion de mots !
Cette souffrance est la plus révoltante parce que dans l'immédiat elle paraît comme purement gratuite.
Mais il fallait que l'Adam Kadmon souffrit gratuitement, non seulement pour enrichir son être ontologiquement, c'est très exactement ce que nous suggère le mot "gloire", mais il fallait un supplice atroce, d'ailleurs prévu de toute éternité (Isaïe 53 8/11. Le fait qu'il parle de le mort du Christ au passé signifie que dans l'absolu passé et future se confondent dans l'éternité de la connaissance, ce qui au reste rend caduc la seconde moitié de dixième verset où Isaïe reprend le future), ce qui rend également caduc la notion de peuples; (Juif et romain, curieusement ce fut toujours le peuple juif qui fut traité de criminel, comme si la crucifixion n'était pas une méthode romaine), déicide, afin de fixer pour une période la plus longue possible dans la mémoire les ans rappelés plus haut et étudiés dans "Marie et Théophile", et très accessoirement pour effacé nos péchés.
"Passion" est aussi un mot clef qui symbolise deux sens différents d'une même chose, non que nous voulions réduire le récit des évangiles à une théophanie mythique, mais c'est la vie même du Christ qui phénoménalise" la réalité spirituelle que nous sommes appelés à vivre tôt ou tard, Paul ne disait-il pas : "c'est le Christ qui vit en moi" ?
La passion symbolise en premier lieu l'absolue certitude que le Christ avait dans sa mission, dans la destinée de l'humanité et dans l'enseignement qu'il apportait, nul homme ne meurt pour une incertitude. Le second sens de "Passion", nous passions ce n'est pas un simple jeu de mot du à la lange française, mais la langue française permet de révéler le sens d'une réalité intangible, signifie le passage de la vie à la mort.
Il faut savoir qu'au temps du Christ la vie religieuse juive était dominée par deux grandes conceptions philosophiques : la sadducéenne et la pharisienne.
La conception sadducéenne avait la particularité de n'admettre comme livres authentiques de la bible que le pentateuque, c'est-à-dire les cinq premiers livres, et de refuser à l'âme toute possibilité de vie post-mortem, les représentants de cette conception avaient une grande influence dans la gestion de les affaires religieuses et politiques; ajoutons que ce refus d'une possibilité de vie poste-mortem devait nécessairement entraîner une sorte de matérialisme religieux qui devait obligatoirement interpréter les écritures d'après leurs sens le plus littéral.
Le représentant le plus célèbre de cette école fut le grand prêtre Caïphe qui prononça la condamnation à mort du Christ, et ce faisant ne fit qu'obéir inconsciemment à la volonté de Dieu, paix à son âme donc !
La conception pharisienne est l'exacte antithèse de la sadducéenne en ce sens qu'elle accepte l'intégralité de la bible dans les éditions juives et protestantes d'aujourd'hui, la bible catholique accepte certains tenus pour apocryphes tels que Tobie, le livre de la sagesse entre autre, en admettant la vie post mortem.
Cependant ces deux conceptions se rejoignent dans leur extrême rigueur à observer les rites de purification et d'hygiène alimentaire. Deux grandes figures dominaient ce courant : Saül de Tarse qui deviendra l'apôtre Paul, et Gamaliel qui fut le maître de Paul et mourut dans la foi de ses pères.
Au niveau mondial assez peut de gens avaient une vision correcte de la vie post-mortem, hindous et égyptiens croyant en la métempsycose, système selon lequel une âme particulièrement méchante se réincarne dans un animal ou une plante ; à ne pas confondre avec la réincarnation. Les romains n'avaient pas, ou peu de problèmes métaphysiques.
C'est dans ce contexte qu'il faut replacer la passion du Christ, qu'il ne faut pas limiter à la crucifixion mais que nous devons étendre jusqu'à l'apparition du Christ à Marie de Magdala.
L'enseignement de la passion nous montre clairement que la vie post-mortem est une réalité métaphysique au sens premier du terme, c'est-à-dire au-dessus de la physique immédiatement observable sur cette planète, et non une absurdité d'utopistes.
Une théologie plus mystique que rationnelle veut que le sens de la croix efface les péchés uniquement pour les disciples du Christ ; comme si Dieu ne voulait pardonner qu'à ceux qui font acte de foi en un évènement historiquement datable. Une lecture plus intérieure serait envisageable selon laquelle l'homme-Christ, exhibé aux yeux de tous, doit être, où plutôt sa vie doit être, intériorisée par tous ; et c'est cette intériorisation qui efface les péchés par l'excédent du bien sur le mal.
Lorsque le Christ reviendra "dans sa gloire pour juger les vivants et les morts", mort spirituellement et/ou physiquement, ce sera dans son rehaussement ontologique nous avons discuté plus haut, mais aussi pour permettre aux être de se réaliser complètement en utilisant les découvertes faites dans le domaine de la technicité tout comme de la spiritualité, pensons à la télékinésie, la lévitation, ou la télépathie.
En partant du principe que la Divinité est en tous les être humains, il ne peut y avoir de purgatoire, ni à fortiori d'enfer, ce serait en effet irrationnel de prétendre que Dieu s'exile lui-même dans des lieux de souffrance éternels.
Le jugement ne peut qu'être, nous semble-t-il, qu'une constatation de l'infériorité morale de certains être et en conséquence leur déportation s'ils vivent ; ou le renvoie de leurs âmes s'ils sont morts, sur d'autres globes pour y continuer leur expérimentation du vice jusqu'à que lassés, tout lasse, ils amorcent l'ascension dans l'échelle extrêmement graduée du bien et contribuent à l'instauration du règne de Dieu sur leur planète.
Lorsque enfin toute la nature cosmique, toutes les planètes ainsi que les être qui s'y trouvent, il y en a certainement des centaines de milliards, auront repris conscience de leur divinité "son règne n'aura plus de fin", ni SPÉCIAL ni temporelle. C'est ce qu'affirme pensons-nous le croyant qui affirme : "Je crois en un seul Seigneur... |
| |  3 - L'Esprit en soi et pour soi | L'Esprit-Saint est généralement le grand oublié dans les méditations des fidèles comme dans les homélies des prêtres. Pourtant il fait parti de l'aspect divin et a métaphysiquement une importance essentielle.
Le Crédo nous dit qu'il procède "du père et du ils", ce qui signifie qu'il n'a aucune personnalité indépendante vis-à-vis du père et du fils détient la moitié des essences complémentaires du père et du fils pour les exprimer concrètement ; il est pour prendre un exemple naturel et rationnel, l'élément neutre qui dans un noyau d'énergie atomique permet au proton et à l'électron de ne pas s'exclure mutuellement.
Non que le père et le fils veuillent s'exclure mutuellement de leur essence divine, même s'ils le voulaient ils ne le pourraient pas, ce serait aussi absurde que de vouloir diviser un homme en deux pour lui enlever son dos mais parce que le père et le fils pourraient représenter pour notre esprit spéculatif qui cherche à comprendre positivement l'esprit même de Dieu qui est en nous, nos âmes, deux principes, non pas antagoniste, mais qui auraient "tendance" à s'ignorer, le père représentant la rigueur extrême assurant la cohésion interne de l'univers physique de façon à ce que les planètes restent sur leurs orbites, mais aussi à ce que chaque action d'un être quelconque soi rétribuée avec une rigoureuse exactitude.
Le fils aurait tendance à la prodigalité des récompenses et à la clémence, à la condition bien sûr que nous voulions de sa clémence, nous le voyons bien, ces notions auraient tendance à s'ignorer pure incompatibilité d'humeur, il leur faut donc un trait d'union, une synthèse en quelque sorte.
L'Esprit-Saint réalise en quelque sorte cette synthèse métaphysique. Elle est harmonie, là où il y a harmonie il existe par définition un équilibre entre le trop de rigueur, - œil pour œil, l'extermination de la population de Jéricho après la prise de la ville - et le "trop" de clémence -le pardon de la femme adultère,, le fait de pardonner 7 fois 77 foi, ce qui fait exactement 539 pardons par jours pour le même offenseur - la synthèse métaphysique est parfaite, nous la retrouvons dans la kabbale juive avec les séphirot IV V VI, ggéburah-riguer, guébouléh-cléaence tiphret-beaté nous voyons ici la préfiguration de la trinité tel que nous l'avions expliqué ci-dessus; réfléchissons un moment à ce que serait la beauté sans la rigueur des lignes; à ce que serait la beauté extérieure d'un être sans la clémence.
Mais l'Esprit-Saint a une fonction quasi-ontologique sur notre planète - et vraisemblablement sur d'autres globes, car ce qui est vrai, l'est nécessairement indépendamment des lieux et du temps, (définition spinoziste) _ une fonction de dissociation qui sépare radicalement l'homme de l'animalité, l'Esprit Saint donne l'intelligence, la raison,, le discernement qui sont les attributs à une puissance infinie de Dieu. L'Esprit-Saint illumine chaque être humain parce que chacun d'entre nous le possède en totalité mais également en potentialité. Encore faut-il le faire fructifier comme l'ont fait les prophètes d'Israël, par de saines méditations et lectures - il y eu de véritables écoles prophétiques, (Samuel 10/5 3... tu te heurteras à une troupe de prophètes..."
L'adversaire de l'Esprit-Saint est le corps dont émanent tous les sensualismes, toutes les passions négatives - haine, jalousie, envie, orgueil convoitise - passion qui comme le terme générique l'indique passent, mais sont sans cesse renouvelées en nous par la mémorisation qui nous fait nous ressouvenir de l'agrément que telle ou telle passion nous fait éprouver et que nous voudrions encore et toujours plus intensément éprouver parce que nous sommes le tonneau des Danaïdes socratique du "Gorgias"; seul l'Esprit-Saint, que l'on peut comparer dans ce cas à la raisonnabilité, peut briser le cercle infernal des sensualismes; ce qui n'est pas facile, loin de là!
Mais il y une autre fonction qu'assume l'Esprit-Saint qui est celle d'éveiller en nous l'état christique - n'avons-nous pas établi plus haut le Christ, l'Etat christique, était en chaque âme humaine, mais potentiellement -.
Il ne faut pas confondre deux principes, qui bien que métaphysiquement n'en font qu'un dans la trinité, en font deux dans l'âme et sont hiérarchisés dans l'âme comme l'or et l'agent...
Lorsque nous développons l'Esprit-Saint, nous acquérons certains pouvoirs surnaturels : compréhension, prédiction, guérison. Cependant la possession de ces pouvoirs psychiques n'entraîne pas nécessairement une amélioration ontologique de l'être incarné comme en témoigne la lutte que dû mener Moïse contre les mages du pharaon qui avaient développé jusqu'à un certain point l'Esprit-Saint obtenant ainsi certains pouvoirs psychiques - les même que ceux de Simon le magicien au début des "actes des apôtres" - pouvant être bénéfique tant qu'on se reconnaît comme intime à la divinité.
Afin que l'Esprit-Saint ne meure pas en nous, et pour qu'ayant atteint se plénitude, il se mue en quelque sorte en l'esprit Christique qui pourrait être définit comme "l'esprit de l'esprit" il faut non seulement l'aider p une discipline de vie ; qualité de nourritures, boissons, qualité de pensées, modération sexuel et de nombreuses méditations sur Dieu, l'homme, l'environnement naturel qui reflète l'ordre et l'harmonie de Dieu.
Mais aussi par le développement des sentiments - qui ne sont pas de purs sentiment parce qu'un sentiment pur est irraisonné, mais il s'agit ici d'un composé de sentiments et d'idées - tels que l'amour de son prochain, la compassion, le sentiment d'être collectivement responsable de ce qui arrive ou n'arrive pas à ce qui nous entoure.
Ce n'est pas le sentimentalisme - qui est une démonstration excessive de sentiments non accompagnés d'actes concrets dont parle Paul en écrivant : ""la foi (charité) sans les œuvres sont vaines".
Le cadre théorique et pratique de ces activités hautement spirituelles est - ou du moins devrait être- l'Eglise, c'est-à-dire pour reprendre l'étymologie expliciter dans "Marie et Théophile" la communauté catholique - universelle - apostolique, c'est-à-dire construite sur l'enseignement des premiers apôtres qui ont propagé, mais aussi interprété - donc bien évidemment déformé involontairement ou volontairement - selon la compréhension,, sensibilité, niveau intellectuel des auditeurs, sans compté la modification subie des termes traduits de l'hébreux en araméen ou en d'autres langues par le message évangélique.
C'est ce qu'indique cette profession de foi : "je crois en la sainte "église catholique et apostolique"
Remarquons que la croyance affirmée ici n'est as la simple opinion quotidienne que nous exprimons lorsque nous disons "je crois que la route droite est la plus courte"
La foi dont il s'agit ici n'est rien d'autre que la certitude que rien ne saurait déraciner ; ni la logique aristotélicienne, ni les découvertes scientifiques ; au contraire, celles-ci ne sauraient que confirmer à longue échéance que le Crédo enseigne sans en apporter les preuves scientifiques.
C'est donc un véritable savoir non encore explicité qui nous est proposé et qui va être objectivé - la foi, l'opinion, la doxa - si souvent,, et à juste titre, critiqué par Socrate dans les dialogues platoniciens, se trouve être dans ce cas la condition première pour donner naissance à la science qui la dépassera et la rendra caduc comme est caduc le bon par apport à l'excellent; on ne dira plus en parlant des choses surnaturelles: "je crois"', mais "je sais".
La science se pratique par expérimentations dons nous notons les résultats lorsque nous les avons réussi, et que nous recommençons indéfiniment lorsque nous les ratons.
Il y a de bonnes expériences qui nous profite à nous-mêmes ainsi qu'à autrui, la solidarité, l'amour, etc.
Il y a aussi les mauvaises expériences : vol, viol, meurtres ; nommés aussi "péchés" ; ces deux sortes d'expériences contribuent à l'enrichissement ontologique de chacun d'entre nous, donc de l'essence divine.
Le premier péché n'est pas celui auquel nous pensons spontanément et qui nous est naïvement figuré dans le tableau d'Eve croquant et donnant la pomme à Adam.
L'expérience est d'ordre première ontogique et sa conclusion reçu le concours et la bénédiction de Dieu. Cette première expérience - ou péché - fut l'ennui qu'éprouva Adam : après avoir nommé les espèces, nomination qui est une intellectualisation du sensible- et donc occupe l'esprit.
L'ennui qu'éprouva Adam fut une preuve de son impuissance à s'entretenir avec lui-même ainsi qu'avec Dieu.
De là la monade sans porte ni fenêtre ainsi que l'écrivait Leibnitz, il fallait objectiver sa polarité féminine afin que son esprit se soucie d'autre chose que lui-même et qu'il expérimente sa conscience objective.
Cependant Dieu avait créé l'univers en parfaite harmonie avec lui-même et avec l'homme, mais la modification qu'il fut obligé de consentir pour arriver à une plus grande perfection de la partie par rapport au tout entraîna une détérioration du tout qui n'est que momentanée. L'ennui, tel est le véritable péché, la véritable expérience ontologique - au reste Pascal, dans une de ses "pensées" disait que tous les malheurs de l'homme venaient de ce qu'il ne pouvait pas rester dans une chambre vingt-quatre heures sans rien faire parce qu'il est conduit à faire n'importer quoi; certes, l'être foncièrement bon ne sera susceptible que de faire le bien, mais l'être qui n'a pas encore exploré toutes les possibilités qu'offre le mal sera tenté inconsciemment ou consciemment de les réaliser jusqu'à en être substantiellement écœuré, alors, mais alors seulement s'amorcera la pente ascendante qui fera de lui un dieu vivant.
Le baptême a une double fonction, la première est de symboliser notre admission au sein de l'église catholique - nous employons ces termes au sens étymologique, toutes les confessions se réclamant du Christ sont l'église catholique - et la rémission des péchés - expériences passées.
La théologie traditionnelle emploie souvent les termes obscurs et irrationnels - de "peuple racheté".
Nous traduisons cette expression ainsi : "peuple aux expériences pardonnées".
Le baptême est l'archétype du pardon gratuit que nous nous devons les uns aux autres.
Il n'agira dans l'effacement du coté négatif du karma qu'à la condition ou nous sommes prêts à pardonner, plus notre pardon sera de qualité, plus les fautes commises dans notre vie fondront comme neige au soleil.
Certains objecteront peut-être à la doctrine du karma que dans les premiers temps le baptême était donné à des adultes et donc qu'il effaçait les péchés de la vie courante. Cependant nous nous appuyons sur le neuvième chapitre de Jean pour accepter la réincarnation, en effet au verset deux les disciples demandent : "Rabbi qui a péché pour qu'il soi né aveugle, lui, ou ses parents ? " ? Or sans la réincarnation le premier terme de la question est une absurdité" ; du reste le Christ ne les rabroue pas puisqu'il répond : "ni lui - ce qui implique l'acceptation sans problème de la loi karmique - ni ses parents".
Ceci n'annule pas la première interprétation, mais il est à noter que selon une superstition très ancienne, au Moyen-Âge, tous les nouveau-nés mourant sans être baptisés allaient en enfer, cela voulait-il signifier qu'ils devaient se réincarner pour expier les mêmes péchés qu'ils n'avaient pas eu le temps d'effacer par le baptême, car tout compte fait - et pour reprendre le livre de Mitterrand - l'enfer est "ici et maintenant"
La reconnaissance est très exactement le souvenir de la relativité de tout ce que nous subissons dans notre chaire ainsi que dans notre esprit, et que le meilleur moyen de prendre conscience de la subjectivité - aux deux sens du terme, c'est-à-dire d'une part nous avons tendance à surévalué le mal, (rarement le bien ) qu'on nous fait, et que d'autre part nous nous posons comme le Sujet universel à quoi tout doit se ramener - de ces faits, et de nous pardonner mutuellement.
Que peut vouloir signifier "résurrection des morts" ?
L'interprétation traditionnelle nous semble franchement risible puisque à notre mort notre corps tombe en poussière par voix de décomposition.
En outre le corps n'est que le support de l'intelligence - seule l'intelligence est gouvernante ce qui rend caduc l'argument selon lequel puisque ce sont l'âme et le corps qui ont vécu, ce sont l'âme et le corps qui doivent être récompensés ou châtiés - et contrairement à Tertullien nous ne pensons pas que Dieu se donnera la peine de nous reconstituer jusqu'au plu petit cheveux.
Là comme ailleurs la clef de l'énigme se trouve dans l'archétype divin qui vécu sur notre globe.
Marie de Magdala au sortir du tombeau, Souvenons-nous aussi qu'aucun de ses apôtres ne l'a immédiatement reconnu.
Ceci pour une raison très simple qui est que ce n'est plus le corps de chaire que l'on vit mais un corps que nous qualifierons d'énergétique - cette hypothèse est confirmée par ce que l'on nomme "l'effet Kirlian" qui permet de photographier l'aura d'un corps, et même d'un membre amputé - ce qui explique la parole dite à Marie: "ne me touches pas".
Certains nieront cette interprétation parce que les apôtres pouvaient toucher le corps du Christ.
Cela n'a rien d'étonnant puisque nous avons établi que Dieu a créé la matière par sa volonté.
Le corps - énergétique - est parfaite parce il a été conçu hors du temps, mais non dans l'éternité parce que chaque incarnation est différente de la précédente et qu'il faut un schéma directeur à chaque incarné C'est, pensons-nous le corps énergétique qui aura servi de schéma au corps de chair ayant atteint sa pleine réalisation de son potentiel spirituel sera, non pas ressuscité, car, il ne mourra pas, révélé aux humains qui peupleront le "monde à venir. |
| |  Conclusion | Nous savons que comme tous les grands textes religieux de l'humanité, celui-ci nous enseigne beaucoup plus qu'il n'en a l'air sur l'univers et sur nous-mêmes.
En outre il confirme les analyses développées dans "Marie et Théophile" ainsi que dans les "éléments pour une nouvelle réflexion philosophique et politiquez".
Certains regretteront que nous ne nous soyons pas davantage référer à la bible, que nous ayons introduit la philosophie dans le domaine religieux, et que nous ayons pries quelques références à d'autres religions.
Répondons-leur que dans notre esprit c'est d'abord un travail philosophique avant d'être théologique - qu'en outre la philosophie est la sœur cadette de la religion dans ce sens que la religion pose des réponses compréhensibles çà tous; mais que ce travail est de mettre en relief toutes les implications, de percer les formules, d'arracher à l'os la substantifique moelle - si la religion chrétienne est vraie, et si la vérité est immuable rien d'étonnant à ce que Dieu ait voulu envoyer des lumières - avant d'envoyé la lumière suprême, qui ne viendra qu'avec la mort 0ou la parousie. Aussi serait-il d'un suprême sectarisme de méconnaître les vérités disséminées ici ou là.
La religion chrétienne est à notre sens la plus ésotérique dans sa formulation exotérique, c'est pourquoi il est impératif si elle veut survivre dans un monde matérialiste - qu'elle soit la synthèse de tout ce qui est vrai dans les autres religions et qu'elle consente à intégrer les découvertes scientifiques qui la justifieront nécessairement. |
| |  Notes | Les différentes étapes de cet texte :
Version initiale le 01/06/1986. Revue le 20/04/1987. Révisée le 08/12/1993. |
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